Le kiwi et le kiwaï sont deux lianes fruitières vigoureuses, mais elles ne se taillent pas au même moment : le kiwi principalement en hiver, le kiwaï plutôt en été. Je vous explique comment reconnaître les charpentières, les rameaux fruitiers et les gourmands, et comment adapter la taille selon la liane et le pied, mâle ou femelle.
En bref
- Le kiwi se taille surtout en hiver (janvier-février), le kiwaï plutôt en vert, entre fin juillet et mi-août
- Une taille hivernale trop sévère sur le kiwaï relance la végétation au détriment des fruits
- On distingue charpentières (structure), rameaux fruitiers (à renouveler) et gourmands (à limiter)
- Conservez 4 à 5 charpentières bien réparties, avec des rameaux fruitiers espacés de 30 à 40 cm
- Kiwi et kiwaï sont souvent dioïques : le pied mâle ne produit pas de fruits mais reste indispensable à la pollinisation, sauf variété autofertile
- Un bon palissage (pergola, treille) simplifie considérablement la taille
Dans cet article
- Des lianes généreuses, mais très vigoureuses
- Kiwi ou kiwaï : quelles différences ?
- Avant de tailler : comprendre les différentes branches
- Le kiwi : une taille principalement en hiver
- Le kiwaï : une taille en vert à ne pas oublier
- Pied mâle, pied femelle : la taille ne se fait pas exactement de la même façon
- Le palissage : la moitié du travail
- Les erreurs les plus fréquentes
- Faut-il mettre du mastic sur les plaies ?
Des lianes généreuses, mais très vigoureuses
Je cultive les deux à la pépinière, le kiwi et le kiwaï. Ce sont deux lianes fruitières de la même famille, capables de produire de belles récoltes dès qu'elles disposent d'un support solide et d'un peu de place. Mais leur vigueur peut vite devenir difficile à maîtriser. Une branche en produit une autre, puis une autre encore, et vous vous retrouvez rapidement avec un enchevêtrement de tiges impossible à lire.
La taille sert donc à trois choses : construire une structure solide, garder les branches fruitières accessibles et limiter la végétation inutile. On ne taille pas un kiwi ou un kiwaï comme un arbuste. Pas question de former une boule ici, l'objectif c'est une liane organisée sur une pergola, une treille ou un palissage.
La principale différence à retenir : le kiwi se taille surtout en hiver, tandis que le kiwaï préfère une taille en vert, pendant l'été. Une taille hivernale trop sévère le pousserait plutôt à faire du bois qu'à faire des fruits. On y revient en détail plus loin.
Je reviens sur les principes de base communs à toutes les plantes (outils, mastic, règle du tiers) dans mon article sur la taille en général.
Kiwi ou kiwaï : quelles différences ?
Le kiwi classique, généralement vendu sous les espèces Actinidia deliciosa ou Actinidia chinensis, produit de gros fruits à peau duveteuse. Le kiwaï, ou kiwi de Sibérie, correspond principalement à l'espèce Actinidia arguta. Ses fruits sont plus petits, à peau lisse, et se mangent souvent entiers.
Tous deux sont des lianes qui s'enroulent autour de leur support. Le kiwi classique est généralement plus imposant et demande une structure particulièrement robuste. Le kiwaï, lui, est parfois présenté comme un « petit kiwi ». Ne vous fiez pas au nom, sa croissance n'a rien de modeste, et il peut couvrir rapidement une pergola entière s'il n'est pas conduit.
- Kiwi classique. Gros fruits à peau duveteuse. Support pergola, T ou palissage solide. Taille principale en hiver, idéalement janvier-février, hors gel. Objectif : renouveler les rameaux fruitiers et contenir la liane. Point de vigilance : éviter les coupes désordonnées et les grosses plaies.
- Kiwaï. Fruits plus petits à peau lisse, végétation souvent plus souple mais tout aussi vigoureuse. Même type de support. Taille en vert, surtout de fin juillet à mi-août. Objectif : limiter les longs rameaux et favoriser la mise à fruit. Point de vigilance : éviter une taille hivernale sévère qui relance la végétation.
Avant de tailler : comprendre les différentes branches
Sur une liane fruitière, toutes les branches n'ont pas le même rôle. Les charpentières sont les branches principales qui partent du tronc et forment l'ossature de la plante. Elles sont installées durablement sur le support.
Les rameaux fruitiers partent des charpentières. Ce sont eux qui portent les fleurs et les fruits. Ils ne sont pas éternels, après quelques années ils deviennent moins productifs et doivent être renouvelés.
Enfin, les gourmands sont des pousses très vigoureuses, souvent longues de plusieurs mètres, qui partent vers le haut ou s'enroulent dans toutes les directions. Ils consomment beaucoup d'énergie et encombrent rapidement la plante s'ils ne sont pas maîtrisés.
Cette distinction est essentielle. On ne supprime pas une charpentière bien placée comme un gourmand mal orienté. Avant chaque coupe, demandez-vous donc : cette branche construit-elle la plante, porte-t-elle des fruits, ou ne fait-elle qu'occuper de la place ?
Le kiwi : une taille principalement en hiver
Quand intervenir ?
La taille principale du kiwi se pratique en hiver, généralement en janvier ou février, lorsque la plante est au repos et que sa structure est facile à observer. Choisissez une journée douce, hors période de gel. Évitez aussi de tailler trop tard, quand la sève commence à monter fortement, les plaies peuvent alors « pleurer » abondamment.
Une taille légère en vert peut compléter le travail en été. Elle sert surtout à limiter les pousses trop longues et à laisser entrer la lumière jusqu'aux fruits.
La taille de formation
Pendant les premières années, l'objectif n'est pas d'obtenir tout de suite une plante très ramifiée. Il faut d'abord installer une charpente solide.
Choisissez une tige principale qui montera jusqu'à la hauteur du support. Une fois arrivée à la bonne hauteur, elle pourra être dirigée horizontalement dans une direction. Vous pouvez ensuite former une ou deux charpentières de part et d'autre, selon le type de palissage. Les liens doivent guider la plante sans l'étrangler.
Cette étape demande surtout de la patience. Une charpentière bien placée servira pendant plusieurs années. Mieux vaut en former quelques-unes correctement que laisser de nombreuses tiges s'entremêler dès le départ.
La taille d'un kiwi adulte
Sur un kiwi adulte, commencez par supprimer le bois mort, les branches cassées et les rameaux qui se croisent. Retirez ensuite les gourmands mal placés, notamment ceux qui plongent vers le bas, reviennent vers le tronc ou partent trop loin du support.
Conservez environ quatre à cinq charpentières bien réparties pour former l'ossature de la plante. Sur ces charpentières, gardez les rameaux fruitiers espacés régulièrement, par exemple tous les 30 à 40 cm. Les rameaux conservés peuvent être rabattus à quelques bourgeons, souvent deux ou trois selon leur vigueur et leur emplacement.
Les rameaux qui ont déjà fructifié ne sont pas nécessairement supprimés entièrement la première année. Vous pouvez les raccourcir pour garder une courte portion productive, puis les renouveler progressivement lorsqu'ils deviennent trop vieux, trop gros ou moins fertiles.
Sur un sujet adulte très encombré, ne cherchez pas à tout remettre en ordre en une seule fois. Supprimez d'abord les branches qui se croisent et les bois les plus âgés. Si une grosse charpentière doit être retirée, étalez le travail sur deux ans lorsque c'est possible.
La taille en vert du kiwi
En été, une fois les fruits formés, raccourcissez les rameaux trop longs pour que la plante ne dépense pas toute son énergie dans la croissance. Une méthode simple : coupez l'extrémité des rameaux environ cinq feuilles au-dessus des fruits. Les pousses qui repartent ensuite peuvent être pincées à nouveau si elles deviennent envahissantes.
Supprimez également les gourmands qui se développent à l'intérieur de la plante ou qui recouvrent les fruits. N'enlevez toutefois pas toutes les feuilles, elles sont indispensables pour nourrir les fruits et préparer les réserves de la plante.
Le kiwaï : une taille en vert à ne pas oublier
Pourquoi éviter une grosse taille d'hiver ?
Le kiwaï réagit très fortement aux tailles qui stimulent la végétation. Une intervention hivernale sévère peut provoquer une grande quantité de nouvelles pousses, sans améliorer la récolte dans les mêmes proportions. Vous obtenez du bois, pas des fruits en plus. C'est pourquoi sa taille principale se réalise plutôt pendant la saison de croissance, quand vous pouvez voir concrètement quels rameaux prennent trop de place.
Quand tailler le kiwaï ?
Intervenez principalement entre la fin juillet et la mi-août, après la floraison et lorsque les fruits sont visibles. Cette taille en vert permet de contenir les très longues pousses et de mieux répartir la lumière dans la végétation.
Les rameaux qui mesurent plusieurs mètres peuvent être raccourcis en ne conservant qu'environ 50 cm de longueur, selon leur position et la structure du palissage. Supprimez en priorité les rameaux qui s'éloignent du support, s'enroulent dans les autres branches ou ferment complètement la plante.
Le but n'est pas de couper toutes les extrémités indistinctement. Les rameaux bien placés et susceptibles de porter des fruits doivent être conservés. On retire ce qui est trop vigoureux, mal orienté ou clairement inutile.
Comment entretenir un kiwaï adulte ?
Commencez par repérer les charpentières et ne les coupez pas sans raison, elles constituent la structure permanente. Travaillez ensuite sur les rameaux secondaires : raccourcissez les plus longs, retirez ceux qui se croisent et éclaircissez les zones trop denses.
Un kiwaï adulte doit pouvoir être traversé par la lumière. Si les fruits sont cachés sous une masse de feuilles et de tiges, la plante a probablement besoin d'un éclaircissage. Une taille régulière en été est préférable à une remise à zéro brutale tous les quelques années.
En hiver, contentez-vous généralement de supprimer le bois mort, les parties cassées et les branches manifestement mal placées. Les grosses coupes de structure sont à réaliser avec mesure, car le kiwaï peut repartir très fortement.
Pied mâle, pied femelle : la taille ne se fait pas exactement de la même façon
Le kiwi et le kiwaï sont souvent des plantes dioïques : les fleurs mâles et les fleurs femelles se trouvent sur des pieds différents. Le pied femelle porte les fruits, tandis que le pied mâle produit le pollen nécessaire à la fécondation. Certaines variétés sont autofertiles, il faut les tailler comme les femelles.
Je propose actuellement un kiwi autofertile, 'Jenny', qui n'a donc pas besoin de pied mâle à proximité pour fructifier. Côté kiwaï, j'ai à la fois une variété autofertile, 'Super Issaï', et un couple mâle/femelle classique, avec 'Red Jumbo' côté femelle et un kiwaï mâle pour la pollinisation.
La taille concerne principalement la structure et la vigueur, mais autant savoir ce que vous regardez. Sur un pied femelle, on veille particulièrement à conserver les rameaux fruitiers bien répartis. Sur un pied mâle, l'objectif est surtout de maintenir une plante suffisamment compacte et fleurie pour assurer une bonne pollinisation, sans lui laisser envahir tout le support.
Ne supprimez donc pas un pied mâle simplement parce qu'il ne produit pas de fruits, son rôle est différent. Un seul pied mâle peut généralement polliniser plusieurs pieds femelles, selon la variété, la distance et les conditions de floraison.
Le palissage : la moitié du travail
Un kiwi ou un kiwaï sans support adapté finit presque toujours par devenir difficile à tailler. Les branches se couchent, s'enroulent autour d'elles-mêmes et forment une masse qui retient l'humidité.
Prévoyez une pergola, une treille ou un palissage capable de supporter le poids de la plante et des fruits. Guidez les jeunes tiges régulièrement, avant qu'elles ne deviennent trop rigides. Attachez-les sans serrer et répartissez les rameaux horizontalement lorsque c'est possible.
Un bon palissage permet de voir les branches, de récolter plus facilement et de réaliser une taille précise. Une plante bien conduite demande beaucoup moins de grosses coupes qu'une plante abandonnée.
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Les erreurs les plus fréquentes
- Tailler le kiwi et le kiwaï de la même manière. Ils sont proches, mais le kiwaï préfère généralement une taille en vert plus importante, tandis que le kiwi se taille principalement en hiver.
- Couper les charpentières comme de simples rameaux. Les charpentières forment l'ossature de la plante. Une coupe mal placée peut désorganiser durablement la liane.
- Laisser tous les gourmands se développer. Une pousse de plusieurs mètres n'est pas forcément une future branche fruitière. Si elle est mal orientée, elle ne fera qu'épaissir la plante.
- Tailler trop sévèrement en hiver. Sur le kiwaï, cette intervention peut entraîner une forte repousse végétative. Sur le kiwi, elle peut aussi provoquer des plaies importantes et une réaction vigoureuse.
- Oublier le pied mâle. Même s'il ne produit pas de fruits, il est indispensable en l'absence de variété autofertile.
- Attendre que la plante soit complètement emmêlée. Quelques minutes de taille en vert chaque été évitent souvent une grande remise en ordre hivernale.
Faut-il mettre du mastic sur les plaies ?
Sur une coupe nette faite avec un outil affûté, pas besoin de mastic. Réservez-le aux grosses plaies, en couche fine, sur du bois propre et sec. Le plus utile reste d'éviter les grosses coupes inutiles et de choisir une période sèche pour retirer une grosse branche.
En résumé
Le kiwi et le kiwaï sont des lianes, pas des arbustes. Leur taille consiste d'abord à construire une charpente durable, puis à renouveler les rameaux fruitiers et à supprimer les pousses qui encombrent la plante.
Pour le kiwi, la taille principale se fait en hiver, avec une taille en vert complémentaire pendant l'été. Pour le kiwaï, c'est l'inverse : la taille en vert, entre fin juillet et mi-août, est la plus importante, et on reste prudent en hiver.
Retenez surtout cette règle : on garde les charpentières bien placées, on renouvelle les rameaux fruitiers et on supprime les longues pousses inutiles. Avec un support solide et une taille régulière, les deux lianes deviennent beaucoup plus simples à conduire et vous remercient par de belles récoltes.
Pour les autres petits fruits de la pépinière : Tailler les framboisiers et Tailler le figuier.

